Un cahier des charges pour un site web formalise l’ensemble des spécifications techniques, fonctionnelles et graphiques d’un projet de création ou refonte de site internet. Il sert de référence contractuelle entre vous et votre prestataire (agence, freelance, développeur), garantit que tous comprennent les mêmes attentes, et facilite le pilotage du projet jusqu’à la recette finale.
Ce que vous allez obtenir dans cet article :
- Les 11 sections indispensables à inclure dans votre cahier des charges site web
- Comment prioriser fonctionnalités MVP versus version 2 pour respecter budget et délai
- Les critères de recette testables pour valider chaque livrable
- Un mini-guide accessibilité RGAA à intégrer dès la rédaction
- Les erreurs fréquentes qui retardent les projets et comment les éviter
Contexte, objectifs du projet et indicateurs de réussite
Cette première section pose le cadre stratégique qui justifie le projet et oriente toutes les décisions techniques ultérieures.
Présenter le contexte du projet
Décrivez en 3-4 paragraphes votre entreprise, son activité, son positionnement marché. Si c’est une refonte, précisez les raisons : site obsolète techniquement, performances SEO dégradées, taux de conversion insuffisant, image ne correspondant plus au positionnement actuel. Si c’est une création, expliquez le lancement de votre activité ou produit.
Mentionnez vos principaux concurrents et leurs sites web pour donner des références au prestataire. Précisez ce que vous appréciez ou non dans ces sites concurrents : design, ergonomie, fonctionnalités.
Formaliser les objectifs mesurables du site
Définissez 2-4 objectifs business précis que le site doit servir. Ces objectifs détermineront les priorités de conception et développement.
Exemples d’objectifs quantifiés : générer 200 demandes de devis qualifiées par mois via le formulaire de contact, vendre 50 000 euros de produits mensuels via la boutique en ligne, augmenter la notoriété avec 10 000 visiteurs uniques mensuels d’ici 6 mois, réduire les appels au support de 30 % grâce à une FAQ et base de connaissance complète.
Définir les KPI qui mesureront le succès
Associez à chaque objectif un indicateur de performance mesurable qui permettra d’évaluer si le site atteint son but. Ces KPI serviront de critères de validation post-lancement.
KPI typiques : nombre de visiteurs uniques mensuels, taux de conversion visiteur-lead, taux de rebond par page clé, temps moyen sur site, nombre de transactions e-commerce, panier moyen, taux d’abandon panier, positionnement sur 10 mots-clés stratégiques, nombre de téléchargements d’un document.
Identification des cibles et parcours utilisateur attendus
Un site efficace s’adresse à des publics spécifiques dont vous devez anticiper les besoins et comportements.
Créer vos personas détaillés
Documentez 2-4 profils types d’utilisateurs qui visiteront votre site. Pour chaque persona : données démographiques (âge, CSP, localisation), objectifs en venant sur le site (comparer des offres, acheter un produit, trouver une information technique), niveau d’expertise (novice, intermédiaire, expert), freins et objections, devices préférentiels (desktop, mobile, tablette).
Exemple persona : « Marie, 35 ans, chef de projet digital en PME, recherche un outil de gestion de projet pour son équipe de 8 personnes. Elle compare 3-4 solutions, lit les fonctionnalités détaillées, vérifie les avis clients et télécharge une documentation complète avant de solliciter une démo. Elle consulte 60 % desktop au bureau, 40 % mobile dans les transports. »
Définir les parcours utilisateur principaux
Pour chaque persona, tracez le parcours type sur votre site : page d’arrivée probable (homepage, page produit via Google, article de blog), pages consultées ensuite, action finale attendue (formulaire, achat, téléchargement). Cette cartographie guide la conception de l’arborescence et du design.
Identifiez les points de friction potentiels à éliminer : formulaire trop long qui fait fuir, tunnel de paiement complexe, information cruciale enfouie à 4 clics de la homepage, temps de chargement excessif sur mobile.
Arborescence du site et organisation des contenus
L’arborescence structure l’information et détermine l’expérience de navigation. Elle doit apparaître clairement dans votre cahier des charges site web.
Formaliser l’arborescence complète
Listez toutes les pages et sous-pages organisées hiérarchiquement. Utilisez une présentation en arbre ou numérotation : niveau 1 (menu principal), niveau 2 (sous-menu), niveau 3 (sous-sous-menu si nécessaire).
Exemple d’arborescence e-commerce :
- Accueil
- Boutique
- Catégorie 1
- Catégorie 2
- Catégorie 3
- À propos
- Notre histoire
- L’équipe
- Nos engagements
- Blog
- Contact
Évitez les arborescences trop profondes : 80 % du contenu devrait être accessible en maximum 3 clics depuis la homepage. Privilégiez la largeur (plus de catégories au même niveau) à la profondeur (trop de sous-niveaux).
Décrire les contenus de chaque page type
Pour chaque type de page, précisez les éléments de contenu attendus. Page d’accueil : baseline/accroche, présentation de l’offre en 3 blocs, témoignages clients, call-to-action principal. Page produit : visuels, descriptif détaillé, caractéristiques techniques, avis clients, bouton achat. Page contact : formulaire, coordonnées, carte interactive, horaires.
Indiquez qui fournit les contenus (vous ou le prestataire) et sous quel format (textes fournis en Word, images HD fournies, vidéos à produire). Précisez les volumes : 15 pages de contenu à rédiger, 50 photos produits à intégrer, 8 vidéos explicatives à créer.
Optimiser l’arborescence pour le SEO
Structurez votre arborescence en silos thématiques qui renforcent la pertinence SEO. Regroupez les contenus par grandes thématiques avec maillage interne cohérent. Prévoyez des URLs parlantes : monsite.com/services/conseil-strategie plutôt que monsite.com/page-12.
Intégrez dans votre cahier des charges une section sitemap XML automatique à générer pour faciliter l’indexation Google. Prévoyez les redirections 301 si c’est une refonte pour ne pas perdre le référencement acquis.
Charte graphique, UX design et identité visuelle
La dimension visuelle et ergonomique mérite une formalisation précise pour éviter les incompréhensions et allers-retours.
Définir ou fournir la charte graphique
Si vous avez déjà une charte graphique (logo, couleurs, typographies, iconographie), fournissez-la au format numérique exploitable. Si elle doit être créée, précisez vos attentes : style général (moderne, classique, minimaliste, ludique), références visuelles inspirantes (sites que vous appréciez), couleurs à privilégier ou exclure.
Formalisez les éléments graphiques : logo en différents formats et déclinaisons, palette de couleurs principales et secondaires avec codes HEX, typographies avec hiérarchie (titre H1, H2, corps de texte), style des boutons et call-to-action, traitement des images (filtres, cadrage).
Préciser les attentes UX et ergonomie
L’expérience utilisateur (UX) conditionne l’efficacité du site. Formalisez vos exigences : navigation intuitive avec menu clair et fil d’ariane, contenu scannable (titres, listes, paragraphes courts), hiérarchie visuelle évidente, formulaires simples avec validation en temps réel, messages d’erreur explicites.
Indiquez vos priorités responsive : mobile-first (conception pensée d’abord pour mobile puis adaptée desktop) ou desktop-first selon votre audience. Précisez les devices prioritaires à tester : iPhone 13, Samsung Galaxy, iPad, desktop 1920×1080.
Wireframes et maquettes : qui produit quoi
Clarifiez qui réalise les wireframes (schémas fonctionnels en noir et blanc montrant la structure des pages) et les maquettes graphiques (versions design finalisées). Options possibles : vous fournissez des wireframes basiques, le prestataire produit wireframes et maquettes, vous validez par étapes.
Précisez le nombre d’allers-retours de validation inclus (généralement 2-3 itérations) et le format de livraison des maquettes (Figma, Adobe XD, Sketch, PDF).
Fonctionnalités techniques et spécifications détaillées
Cette section détaille toutes les fonctionnalités que le site doit proposer. C’est souvent la partie la plus volumineuse du cahier des charges site web.
Lister et prioriser les fonctionnalités
Recensez exhaustivement toutes les fonctionnalités souhaitées en les catégorisant par priorité selon la méthode MoSCoW : Must have (indispensables pour le lancement), Should have (importantes mais reportables), Could have (souhaitables si budget/temps), Won’t have (exclues de cette version).
Sur mobile, passez en mode paysage pour lire le tableau.
| Fonctionnalité | Description | Priorité | Version |
|---|---|---|---|
| Formulaire contact | Nom, email, message + captcha anti-spam | Must have | MVP |
| Espace client | Connexion, consultation commandes, factures | Must have | MVP |
| Paiement CB | Intégration Stripe ou PayPal | Must have | MVP |
| Chat en ligne | Support temps réel 9h-18h | Should have | V2 |
Cette priorisation MVP (Minimum Viable Product) versus V2 permet de lancer rapidement avec l’essentiel puis d’enrichir progressivement. Elle aide aussi à respecter le budget initial en reportant les fonctionnalités secondaires.
Détailler les fonctionnalités complexes
Pour chaque fonctionnalité importante, décrivez précisément le comportement attendu. Ne dites pas juste « formulaire de contact » mais spécifiez : champs obligatoires (nom, email, message) et facultatifs (téléphone, société), validation format email, captcha Google reCAPTCHA v3, message de confirmation après envoi, email de notification vers contact@monentreprise.com, accusé réception automatique à l’utilisateur.
Pour un e-commerce : système de panier avec modification quantités et suppression articles, calcul automatique des frais de port selon le poids et la destination, codes promo applicables, choix transporteur, paiement par CB (Stripe) et PayPal, email de confirmation commande avec récapitulatif et suivi.
Choix techniques : CMS, hébergement et infrastructure
Les choix technologiques impactent la maintenance future et l’évolutivité du site. Ils doivent être explicités dans le cahier des charges.
Sélectionner le CMS ou la technologie
Indiquez votre préférence ou laissez le prestataire recommander : WordPress (flexibilité, nombreux plugins, communauté), Shopify (e-commerce rapide, hébergement inclus), PrestaShop (e-commerce open-source), développement sur-mesure (framework Laravel, Symfony, Next.js).
Justifiez votre choix par vos besoins : WordPress convient si vous voulez gérer facilement vos contenus sans compétences techniques. Un développement sur-mesure s’impose pour des fonctionnalités très spécifiques impossibles avec les CMS standard.
Précisez les plugins ou extensions indispensables : Yoast SEO pour WordPress, WooCommerce pour la boutique, WPML pour le multilingue, Elementor pour l’édition visuelle.
Définir les exigences d’hébergement et performance
Spécifiez le type d’hébergement : mutualisé (économique, performance limitée), VPS (serveur virtuel dédié, bon rapport qualité/prix), serveur dédié (performance maximale, coûteux), cloud managé (scalabilité automatique).
Fixez des exigences de performance mesurables : temps de chargement inférieur à 2 secondes sur desktop et 3 secondes sur mobile (mesuré avec Google PageSpeed Insights), score PageSpeed minimum 85/100, disponibilité 99,9 % (downtime maximum 8h par an).
Prévoyez la scalabilité : le site doit supporter 10 000 visiteurs simultanés sans ralentissement, la base de données doit pouvoir gérer 50 000 produits, le système de backup automatique quotidien avec conservation 30 jours.
Assurer la sécurité et la conformité technique
Formalisez les exigences de sécurité : certificat SSL/HTTPS obligatoire, pare-feu applicatif (WAF), protection contre les injections SQL et attaques XSS, mises à jour automatiques de sécurité du CMS et plugins, politique de mots de passe forte pour l’administration.
Prévoyez les sauvegardes : backup complet quotidien conservé 30 jours, backup hebdomadaire conservé 3 mois, stockage backup sur serveur distant séparé. Définissez le RTO (Recovery Time Objective, délai maximal de restauration) : site restauré en moins de 4 heures en cas de panne majeure.
Optimisation SEO technique dès la conception
Le référencement naturel doit être pensé dès le cahier des charges, pas ajouté après coup.
Intégrer les fondamentaux du SEO technique
Listez les exigences SEO structurelles : URLs propres et parlantes optimisables manuellement, balises title et meta description personnalisables par page, structure Hn hiérarchique respectée (H1 unique, puis H2, H3), attributs alt sur toutes les images, sitemap XML automatique, fichier robots.txt configuré, balises Open Graph pour le partage social.
Précisez les performances SEO : temps de chargement optimisé (critère Core Web Vitals), version mobile responsive parfaite (test Google Mobile-Friendly), structure de données Schema.org pour les rich snippets (fil d’ariane, FAQ, produits, avis), redirections 301 depuis l’ancien site si refonte.
Faciliter la gestion SEO au quotidien
Prévoyez les outils de pilotage SEO : connexion Google Search Console pour suivre l’indexation et positions, connexion Google Analytics pour analyser le trafic, plugin SEO type Yoast ou Rank Math pour WordPress, interface d’administration intuitive permettant de modifier facilement title et meta sans compétence technique.
Anticipez la stratégie de contenu : blog intégré avec catégories et tags pour organiser les articles, système de maillage interne suggéré automatiquement, possibilité d’ajouter des blocs FAQ avec balisage Schema, gestion facile des liens internes et externes.
Conformité RGPD et protection des données personnelles
La réglementation RGPD impose des obligations légales que le site doit respecter dès sa conception.
Intégrer les mécanismes de consentement
Spécifiez le bandeau cookies conforme : affichage au premier chargement, explication claire des cookies utilisés (nécessaires, analytiques, marketing), possibilité de tout accepter ou tout refuser, choix granulaire par catégorie, conservation du consentement, possibilité de modifier ultérieurement.
Précisez l’outil de gestion : solution dédiée (Axeptio, Cookiebot, Didomi) ou développement sur-mesure. Indiquez les cookies à bloquer par défaut jusqu’au consentement : Google Analytics, Facebook Pixel, outils marketing tiers.
Garantir la transparence et les droits des utilisateurs
Formalisez les pages obligatoires : politique de confidentialité détaillant les données collectées, leur finalité, leur durée de conservation et les droits des utilisateurs, mentions légales complètes avec hébergeur et responsable publication, politique de cookies listant tous les traceurs.
Prévoyez les mécanismes d’exercice des droits : formulaire ou email dédié pour demandes d’accès, rectification, suppression ou portabilité des données, délai de réponse maximum 30 jours, procédure de suppression de compte avec effacement des données associées.
Accessibilité numérique et conformité RGAA
L’accessibilité garantit que votre site est utilisable par tous, y compris les personnes en situation de handicap. Elle devient une obligation légale pour de nombreux sites.
Définir le niveau de conformité RGAA visé
Le Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité (RGAA) définit trois niveaux de conformité : A (basique), AA (recommandé), AAA (optimal). Précisez votre objectif : conformité RGAA niveau AA pour respecter les obligations légales si vous êtes un organisme public ou une entreprise de plus de 250 millions d’euros de CA.
Listez les critères prioritaires à respecter : structure HTML sémantique avec balises appropriées, contrastes couleurs suffisants (ratio 4,5:1 minimum), navigation au clavier complète sans souris, alternatives textuelles pour toutes les images, vidéos sous-titrées, formulaires avec labels explicites, messages d’erreur clairs.
Prévoir l’audit et la déclaration d’accessibilité
Intégrez au planning un audit d’accessibilité avant mise en production : test automatique avec outils (WAVE, Axe), test manuel par expert accessibilité, test avec utilisateurs en situation de handicap si budget suffisant.
Prévoyez la page « Déclaration d’accessibilité » obligatoire mentionnant le niveau de conformité, les contenus non accessibles avec justification, les moyens de contact pour signaler un problème, le schéma pluriannuel d’amélioration si conformité partielle.
Budget prévisionnel et conditions financières
La transparence budgétaire évite les mauvaises surprises et facilite le chiffrage précis par les prestataires.
Définir l’enveloppe globale
Indiquez votre budget total disponible pour le projet : par exemple 15 000 euros HT pour un site vitrine, 40 000 euros HT pour un site e-commerce, 80 000 euros HT pour une plateforme métier complexe. Si vous ne connaissez pas les tarifs, demandez au prestataire de chiffrer selon vos besoins.
Précisez ce qui est inclus dans le budget : conception graphique avec 2 allers-retours, développement des fonctionnalités listées, intégration des contenus fournis, formation administration, 1 mois de garantie. Clarifiez ce qui est exclu : rédaction des contenus (vous les fournissez), shooting photo (à votre charge), achat de plugins premium payants annuellement.
Organiser les paiements par jalons
Structurez les versements selon l’avancement : 30 % à la signature du devis (acompte), 40 % à la validation des maquettes graphiques, 30 % à la recette finale et mise en ligne. Cette répartition protège les deux parties et motive la progression régulière.
Prévoyez une enveloppe additionnelle pour les imprévus : 10-15 % du budget initial pour absorber les demandes de modifications ou fonctionnalités imprévues qui émergeront en cours de projet.
Planning détaillé et jalons de validation
Un rétroplanning précis avec jalons de validation assure le respect des délais et facilite le pilotage.
Construire le rétroplanning projet
Listez toutes les phases avec leur durée : phase de cadrage et validation cahier des charges (2 semaines), wireframes et arborescence (2 semaines), maquettes graphiques (3 semaines avec 2 allers-retours), développement front-end (4 semaines), développement back-end et fonctionnalités (4 semaines), intégration contenus (2 semaines), tests et recette (2 semaines), mise en ligne (1 semaine). Total : environ 20 semaines soit 5 mois.
Identifiez le chemin critique : les tâches qui ne peuvent pas être parallélisées et dont tout retard retarde le projet global. Anticipez les périodes de congés et événements prévisibles (salons professionnels, fins d’année) qui peuvent ralentir les validations.
Fixer les jalons de validation obligatoires
Définissez les points de validation formels avant de passer à l’étape suivante : validation cahier des charges signée, validation wireframes par email, validation maquettes avec maximum 2 itérations incluses, validation développement par environnement de recette, validation finale avant mise en production.
Précisez les délais de validation de votre côté : vous vous engagez à valider ou demander des modifications sous 5 jours ouvrés maximum. Au-delà, le prestataire peut considérer validé par défaut pour ne pas bloquer le planning.
Livrables attendus et critères de recette testables
La définition précise des livrables et critères de validation évite les contestations lors de la recette finale.
Lister tous les livrables du projet
Formalisez ce que le prestataire doit vous remettre : fichiers sources du site (code, thème, plugins), base de données exportée, accès administration avec documentation, maquettes graphiques en format éditable (Figma, Adobe XD), documentation technique (architecture, installation, configuration), manuel utilisateur pour l’administration, formation vidéo ou présentielle de 2 heures.
Précisez les formats et supports : code versionné sur Git avec historique, documentation en PDF ou wiki en ligne, vidéos de formation sur plateforme privée accessible 12 mois.
Définir des critères de recette objectifs et testables
Créez une grille de recette avec critères binaires pass/fail pour chaque fonctionnalité. Au lieu de « le formulaire doit fonctionner », écrivez des tests vérifiables :
Test 1 : Remplir le formulaire avec email invalide → message d’erreur « Format email incorrect » s’affiche en rouge sous le champ.
Test 2 : Remplir le formulaire correctement et envoyer → message de confirmation « Votre message a été envoyé » s’affiche, email reçu sur contact@monentreprise.com sous 2 minutes, email de confirmation automatique reçu par l’utilisateur.
Test 3 : Tester le formulaire sur iPhone 13 Safari → tous les champs accessibles, bouton d’envoi visible sans scroll, validation fonctionne.
Couvrez les cas nominaux (fonctionnement normal) et les cas d’erreur (saisies invalides, connexion perdue, serveur surchargé). Testez sur tous les navigateurs et devices spécifiés : Chrome, Firefox, Safari, Edge sur desktop, Safari iOS et Chrome Android sur mobile.
Organiser la procédure de recette
Définissez le processus de recette : mise à disposition d’un environnement de recette (URL temporaire de test), période de tests de 10 jours, remontée des anomalies via outil de ticketing (Trello, Jira, simple tableau partagé), classification des bugs (bloquant, majeur, mineur), correction des bugs bloquants et majeurs obligatoire avant mise en production.
Précisez que la recette validée déclenche le dernier paiement et la mise en ligne définitive. Les bugs mineurs identifiés après mise en ligne seront corrigés pendant la période de garantie (généralement 1 mois).
Maintenance, support et évolutions post-lancement
La vie du site continue après le lancement. Anticipez la maintenance dans votre cahier des charges site web.
Définir le périmètre de la garantie
Précisez la durée de garantie (généralement 1 à 3 mois) pendant laquelle le prestataire corrige gratuitement les bugs liés à son développement : fonctionnalité qui ne marche pas comme spécifié, bug d’affichage, régression après mise à jour.
Clarifiez ce qui n’est pas couvert par la garantie : demandes de nouvelles fonctionnalités non prévues initialement, modifications de design, problèmes liés à vos contenus ajoutés après livraison, bugs causés par des plugins tiers que vous avez installés.
Prévoir la maintenance continue
Formalisez les besoins de maintenance récurrente : mises à jour CMS et plugins mensuelles, backup quotidien vérifié hebdomadairement, monitoring uptime et alertes en cas de panne, renouvellement certificat SSL annuel, renouvellement hébergement et nom de domaine.
Chiffrez la maintenance : contrat mensuel de 150-300 euros pour un site vitrine, 500-1000 euros pour un site e-commerce incluant surveillance, sauvegardes, mises à jour de sécurité et support email sous 48h.
Anticiper les évolutions futures
Même si elles ne font pas partie du projet initial, mentionnez les évolutions envisagées à moyen terme pour que le prestataire conçoive une architecture évolutive : ajout d’un espace membre, extension à l’international avec multilingue, connexion à votre CRM, développement d’une application mobile compagne.
Cette vision aide à faire les bons choix techniques dès le départ : choisir un CMS facilement extensible, prévoir une API, structurer la base de données pour accueillir de nouvelles entités.
Cahier des charges site web : votre feuille de route pour un projet réussi
Un cahier des charges site web complet structure votre projet de création ou refonte en formalisant vos objectifs mesurables avec KPI associés, vos cibles détaillées avec leurs parcours utilisateur, votre arborescence complète avec organisation des contenus, vos exigences graphiques et UX avec charte et wireframes, vos fonctionnalités priorisées en MVP versus V2, vos choix techniques CMS et hébergement, vos contraintes SEO technique et sitemap, votre conformité RGPD et accessibilité RGAA, votre budget avec jalons de paiement, votre planning avec rétroplanning détaillé et vos livrables avec critères de recette testables.
La priorisation MVP vous permet de lancer rapidement avec les fonctionnalités indispensables puis d’enrichir progressivement en version 2, respectant ainsi budget et délais tout en validant votre marché. Les critères de recette testables transforment des exigences floues en tests binaires pass/fail qui évitent les contestations lors de la validation finale.
Intégrez dès le cahier des charges l’accessibilité RGAA niveau AA si vous êtes concerné par les obligations légales, plutôt que de corriger a posteriori à grands frais. Prévoyez la maintenance continue post-lancement via un contrat mensuel couvrant mises à jour de sécurité, backups et monitoring pour pérenniser votre investissement.
Un cahier des charges bien rédigé facilite le chiffrage précis par les prestataires, évite 80 % des malentendus et litiges, accélère le développement et garantit que le site livré correspond exactement à vos attentes initiales.


